[Théorie de l'engagement.]





Engagement et dissonance

C'est en 1971 que Charles KIESLER pose les bases de la psychologie de l'engagement en lui donnant comme définition : "l'engagement est le lien qui unit un individu à ses actes". La définition de KIESLER apprend que seuls les actes sont engageants, l'individu peut être engagé à des degrés divers : dans une condition de libre décision, l'engagement sera plus fort, dans une condition de soumission forcée, l'engagement sera faible.

La théorie de l'engagement porte sur les conditions et les effets de l'engagement. Les conditions de l'engagement : pourquoi un individu se sentira-t-il engagé par son acte ? Les facteurs nécessaires sont les suivants : le sujet doit être engagé dans son acte, il doit avoir eu le sentiment de choisir de faire ce qui lui était demandé de faire, l'acte doit avoir des conséquences, l'acte doit être public et non anonyme.

doigt montrant l'engagement
... suite et fin.

Engagement provoqué

Que fait la police ?

Pour illustrer cette théorie, de nombreuses expériences ont été réalisées, voici celle de COHEN à l'université de YALE (USA), en 1959. Suite à une manifestation d'étudiants durement réprimée par la police, et sous prétexte d'alimenter une prétendue enquête par des avis qui ne soient pas tous défavorable à la police, on demande à des volontaires de rédiger un article justifiant l'action des forces de l'ordre. Ces volontaires sont rétribués, certains reçoivent jusqu'à 10 $, alors que d'autres ne touchent que quelques cents. Après rédaction des articles, les étudiants étaient invités à répondre à un questionnaire relatif à leurs opinions par rapport à l'action de la police. Constat : ceux qui avaient perçu les sommes les plus faibles montraient un changement d'opinion plus important en faveur de la police. Le paradoxe apparent de ce constat s'explique par le mécanisme de réduction de la dissonance mis en place : Ceux qui ont perçu une somme importante peuvent justifier l'écriture de l'article favorable : "on l'a fait pour de l'argent". Les autres ne peuvent se justifier (vis à vis d'eux-mêmes) qu'en modifiant réellement leur opinion sur l'action de la police.

Dissonance cognitive

Le principe, élaboré par Léon FESTINGER en 1957, peut se résumer ainsi : l'existence simultanée d'éléments de connaissance qui ne s'accordent pas (dissonance) entraîne de la part de l'individu un effort pour les faire, d'une manière ou d'une autre, mieux s'accorder (réduction de la dissonance). Ce mécanisme peut être mis en équation de la façon suivante : D = Gd(Gd+Gc) où : D est la Grandeur de la dissonance Gd : Somme des grandeurs des éléments dissonants Gc : Somme des grandeurs des éléments consonants. Exemple : A je fume, B je bois de l'alcool, C je sais que le tabac et l'alcool augmentent les risques de cancer. AB et C sont en dissonance. Pour la réduire, différentes possibilités il faut supprimer le nombre d'éléments dissonants : arrêter de boire et de fumer. Ou diminuer le nombre d'éléments dissonants : fumer moins, boire moins, ou bien arrêter l'une de ces deux pratiques. Autre option, augmenter le nombre d'éléments consonants : "Je connais des centenaires qui fument trois paquets par jour et qui boivent deux litres de vin chaque jour !". ■